Nathan der Weise
Nathan le Sage
Nathan the Wise

Ein Weichmacher für den Glaubenspanzer
Un assouplissant pour blindés de foi

Nathan der Weise – Ein Weichmacher für den Glaubenspanzer Die Diskussionen verstummen nicht, ob eine Religion (Islam) zu einer Nation (BRD) gehört oder nicht. Gehören die Gläubigen dieser Religion zu Deutschland, wieso gibt es überhaupt christliche Parteien in einem laizistischen Staat? Die Zahl der antisemitischen Straftaten steigt wieder an. Es ist, als ob die alttestamentarische Einheit von Volk, Nation, Territorium, Glaube und Prophet in vielen Köpfen noch nicht überwunden ist.

Glauben ist nicht nur rituelle Praxis, sondern immer auch Denksystem, philosophisches Welterklärungsmodell, das nach Innen als Sinn- und Identitätsstifter fungiert. Nach Außen wirkt Religion aber auch wie ein Zeichen, das Rückschlüsse über die Persönlichkeitsstruktur eines Menschen zuzulassen scheint.

In „Nathan der Weise“ nehmen sich die Figuren, besonders Nathan, viel Zeit, zwischen diesem Innen und Außen zu vermitteln. Um in diesen Fragen ins Gespräch zu kommen, muss spekulatv argumentiert werden, weil die Innenwelt des Gegenübers unbekannt ist. Daher wird im Konjunktiv begründet: Wenn ich dir das so erklären würde, würdest du vielleicht so reagieren, deshalb versuche ich es jetzt eher so. Nathan versucht, bei seinen Gesprächspartner*innen ein Bewußtsein der eigenen Prägung zu erzeugen, um so gemeinsam das Trennende zu überwinden.

In „Nathan der Weise – Ein Weichmacher für den Glaubenspanzer“ wollen wir dieses spekulative Element in das Diskurstheater von Gintersdorfer/Klaßen überführen. Wir arbeiten mit Angehörigen der drei großen Schriftreligionen, Gruppen-, Ensemblemitgliedern und Gästen, und wollen feststellen, ob und wie die eigene Identität von der Herkunftskultur und Religion geprägt ist, und wenn diese Identität uns trennt, werden wir sie in körperlichen Exerzitien aufweichen, bis die reale oder nur vorgestellte Differenz schmilzt. Wir müssen gleichzeitig am Innen- und Außenbild arbeiten. Daher der spekulative Diskurs: Hast du darauf so reagiert, weil du das so empfunden hast oder so? Zum ersten Mal bei Gintersdorfer/Klaßen steht hier nicht die knackige These im Vordergrund sondern das tastende Vermuten.

Knut Klaßen entwirft für die Bühne einen Stapelstuhl, der seinen Weg vom Theater ins Leben nehmen kann zwischen Design und Produktionskunst. Durch schmelzende Objekte werden auch die Zuschauer*innen mit dem Vorgang des Aufweichens konfrontiert, ganz im Sinne von Claus Bremer: Ein Theater, dass sich nicht absolut gibt, darf keine feste Grenze zwischen Zuschauerraum und Bühne haben.
Hauke Heumann
Les discussions ne tarissent pas, à savoir si une religion (l’Islam) fait ou non partie d’une nation (la R.F.A.). Les croyants de cette religion font-ils partie de l’Allemagne ? D’ailleurs, comment se fait-il qu’il y ait des partis chrétiens dans un État laïque ? Le nombre de crimes antisémites est de nouveau en hausse. Il semble que cette idée biblique d’une unité du peuple, de la nation, du territoire, de la foi et du prophète persiste dans beaucoup de têtes.

La foi n’est pas seulement une pratique rituelle, mais toujours aussi un système de pensée, un modèle philosophique d’explication du monde, qui sert intérieurement à donner du sens et à construire une identité. Toutefois, perçue de l’extérieur, la religion est souvent interprétée comme un signe semblant autoriser des conclusions quant à la personnalité d’un individu.



Dans « Nathan le Sage », les personnages, et en particulier Nathan, prennent le temps de servir d’intermédiaires entre l’intérieur et l’extérieur. Engager la discussion sur ces questions relève de l’argumentation spéculative, car le monde intime de l’interlocuteur est inconnu. C’est pourquoi l’on raisonne ici au conditionnel : si je t’expliquais ceci ainsi, tu réagirais peut-être de cette façon, voilà pourquoi je tenterais plutôt cela. Nathan tente de faire prendre conscience à ses interlocuteur*es de leurs propres déterminismes afin qu’ils puissent ensemble surmonter ce qui les sépare.



Avec « Nathan le Sage – un assouplissant pour blindés de foi », nous souhaitons transférer cet élément spéculatif dans le théâtre discursif de Gintersdorfer/Klaßen. Nous collaborons avec des membres des trois grandes religions du Livre, des membres de notre ensemble, ainsi que des invités, dans le but de vérifier si et comment l’identité propre est marquée par la culture d’origine et la religion; et si cette identité nous sépare, nous tâcherons de l’assouplir par des exercices physiques de l’esprit, ce jusqu’à ce que le différend réel ou imaginaire ne se dissolve. Nous travaillerons parallèlement à notre image intime comme publique. D’où le discours spéculatif : As-tu réagi ainsi parce que tu l’as ressenti comme ceci ou comme cela ? Pour la première fois chez Gintersdorfer/Klaßen, ce n’est pas la thèse hardie qui occupe le devant de la scène, mais la conjecture tâtonnante.



Knut Klaßen conçoit pour la scène une chaise empilable, qui va faire son chemin du théâtre à la vie, entre design et art de production. Des objets fondants confronteront également les spectateur*es au processus d’assouplissement, ce tout à fait dans l’esprit de Claus Bremer : un théâtre qui ne se donne pas totalement n’a pas le droit d’imposer de limites entre la salle et la scène. 

Hauke Heumann